Jenkins, Paul

Les influences artistiques de Paul Jenkins sont plurielles et font de lui un artiste difficilement classable. À travers différentes techniques, il a exploré la méthode sans pinceau : par exemple, en versant des couleurs dans le creux d’une feuille et en la balançant – parfois en la guidant avec un couteau – faisant que les pigments se fixent selon une chorégraphie imposée par Jenkins.     Lire la biographie

Affichage de 1–12 sur 15 résultats

Biographie

Paul Jenkins naît le 12 juillet 1923 à Kansas City dans le Missouri aux États-Unis.

Dans sa jeunesse, il étudie l’art au Kansas City Art Institute. Il travaille également avec le céramiste James Weldon, qui aura une grande influence sur sa manière d’appréhender la couleur dans la peinture. Il s’inscrit ensuite à la Cleveland Play House, une école de théâtre, dans laquelle il travaille surtout sur les décors.

Après la Seconde Guerre Mondiale, Paul Jenkins s’installe à Pittsburg, Kansas, où il fait partie d’un groupe d’artistes et d’écrivains soutenus par la mécène Gladys Schmidt. Ces artistes exposent à la galerie Outline, dirigée par Elizabeth Rockwell, point de rencontre des artistes d’avant-garde. En 1948, il part pour New York et s’inscrit à la Art Students League ; c’est là qu’il commence à s’intéresser aux théories du mystique russe Georges Gurdjieff, en particulier à ses thèses sur la transcendance spirituelle et la définition de l’art objectif.

En 1953, il s’installe à Paris où il fait la rencontre d’artistes tels que Jean Dubuffet, Georges Mathieu, Pierre Soulages, Sam Francis et Claire Falkenstein. En 1955, il présente sa première exposition personnelle à la galerie Zoe Dusanne de Seattle et participe à l’exposition Artistes étrangers en France au Petit Palais à Paris. La galerie Stadler de Paris accueille ses œuvres l’année suivante et la Martha Jackson Gallery de New York lui consacre à son tour une exposition personnelle.

Ses influences artistiques sont plurielles et font de lui un artiste difficilement classable : il est proche de Jackson Pollock ou de Mark Rothko, mais s’inspire plus volontairement d’Henri Matisse ou de Vassily Kandinsky. De plus, son approche de la peinture est en lien avec un certain mysticisme : parmi ses influences, on peut citer les enseignements du bouddhisme zen ainsi que le Yi Jing, un traité chinois dont on peut traduire le titre par « Livre des transformations ».

À travers différentes techniques, Jenkins a exploré la méthode sans pinceau : par exemple, en versant des couleurs dans le creux d’une feuille et en la balançant – parfois en la guidant avec un couteau – faisant que les pigments se fixent selon une chorégraphie imposée par l’artiste. La toile devient ainsi un espace de redéfinition de la couleur, de la lumière et de l’espace. En effet, pour Jenkins, la matière peinture devient un sujet en lui-même : « La couleur est une sensation et non une manifestation extérieure de la nature »[1]. L’œuvre n’a pas vocation à représenter quelque chose, mais est un phénomène, comme en témoignent les titres de ses œuvres.

À la fin des années 80, Jenkins reçoit de nombreuses commandes publiques internationales. Il réalise à cette période un ensemble important de lithographies et édite un album en 1998 avec la Bouquinerie de l’Institut – aujourd’hui Galerie de l’Institut – centré sur le chamanisme et l’expression par la couleur de l’expérience indicible.

Il meurt à New York le 9 juin 2012.

[1] Cité dans BOSQUET, Alain, Paul Jenkins, H. Veyrier, 1982